Quand on a l’impression de ne plus avancer après une épreuve

Quand on a l’impression de ne plus avancer après une épreuve


« Je n’avance plus. »

C’est parfois la première chose que l’on pense lorsque l’on traverse une longue période difficile.

On regarde les mois qui passent.

On se compare à la personne que l’on était avant.

On aimerait retrouver son énergie, ses envies, son efficacité, sa capacité à faire mille choses dans une journée.

Et pourtant…

On n’y arrive plus.

Alors on peut finir par croire que quelque chose ne va pas.

Que l’on régresse.

Que l’on devrait déjà être passé à autre chose.

Mais est-ce vraiment ce qui est en train de se passer ?

Et si, parfois, ne plus avancer comme avant était justement le signe que quelque chose est en train de changer profondément ?


Après avoir longtemps tenu, il faut parfois redescendre

J’aime beaucoup une image très simple : celle d’une cocotte-minute.

Lorsqu’elle est sous pression, tout est concentré sur une chose : tenir la pression.

Et puis vient le moment où il faut la laisser redescendre.

Je sais bien que « dépression » n’est évidemment pas, médicalement, la contraction de « dé-pression ».

Ce n’est pas sa définition.

Mais personnellement, cette façon de jouer avec le mot m’aide à mettre des images sur ce que je ressens.

Après une longue période à tenir, à encaisser, à fonctionner malgré la fatigue, à s’adapter sans arrêt…

peut-être qu’il existe aussi un moment où l’on a simplement besoin de laisser redescendre la pression.

Pas pour abandonner.

Pas pour renoncer.

Mais pour pouvoir regarder ce qui reste lorsque l’on n’est plus uniquement occupé à tenir.


Quand « tenir » a occupé toute la place

Certaines périodes de vie nous demandent énormément.

Une maladie.

Un accident.

Un deuil.

Une séparation.

Un épuisement.

Une situation familiale compliquée.

Un changement professionnel.

Ou simplement une succession d’événements qui, mis bout à bout, finissent par devenir trop lourds.

Pendant ces périodes, on fait ce qu’il faut.

On avance.

On gère les urgences.

On prend des décisions.

On s’adapte.

On fait parfois passer tout le reste après.

Et l’on peut continuer ainsi pendant longtemps.

Jusqu’au jour où l’urgence disparaît.

Et là, quelque chose d’étrange peut se produire.

On pourrait penser que l’on devrait enfin aller mieux.

Mais au lieu de retrouver immédiatement son énergie, on peut ressentir une immense fatigue.

Une difficulté à se concentrer.

Une envie de ralentir.

Une perte d’intérêt pour certaines choses.

Ou simplement l’impression de ne plus savoir exactement quoi faire de soi.

Ce type de décalage peut être particulièrement déroutant.


Pourquoi est-ce parfois difficile après, et pas seulement pendant ?

Parce qu’une épreuve ne s’arrête pas nécessairement au moment où l’événement lui-même est terminé.

Le corps peut avoir besoin de temps.

Le mental aussi.

Et notre vie a parfois changé entre-temps.

Après un traitement ou une période de maladie importante, par exemple, certaines personnes continuent à ressentir de la fatigue pendant leur récupération. Les effets peuvent également toucher la concentration, les activités quotidiennes ou la façon dont on envisage son avenir.

Il n’existe pas une seule trajectoire de récupération valable pour tout le monde.

C’est justement ce qui peut rendre les comparaisons si difficiles.

« Elle a repris. »

« Lui travaille déjà. »

« Il y a six mois, j’allais mieux. »

« Pourquoi est-ce que moi, je n’arrive toujours pas à retrouver mon rythme ? »

Mais votre chemin n’est pas celui de quelqu’un d’autre.


Peut-être que vous n’avez pas besoin de repartir comme avant

C’est une question qui peut changer beaucoup de choses :

Et si le problème n’était pas de retrouver votre ancienne vie ?

Peut-être que certaines choses reviendront.

Peut-être que certaines capacités reviendront progressivement.

Peut-être que certaines habitudes retrouveront naturellement leur place.

Mais peut-être aussi que certaines choses ne vous correspondent plus.

Et ce n’est pas forcément un échec.

Une épreuve peut modifier notre regard sur ce qui compte.

On peut soudain avoir envie de moins courir.

De travailler autrement.

De passer davantage de temps avec certaines personnes.

De ne plus accepter certaines situations.

De prendre davantage soin de son énergie.

De dire non.

De faire de la place à des choses que l’on repoussait depuis des années.

Et parfois, c’est justement cela qui fait peur.

Parce que nous savons comment vivre comme avant.

Mais nous ne savons pas encore comment vivre comme maintenant.


« Qui suis-je maintenant ? »

C’est peut-être l’une des grandes questions de la reconstruction.

Avant, vous saviez qui vous étiez.

Vous aviez vos habitudes.

Vos rôles.

Vos projets.

Votre rythme.

Vos certitudes.

Puis quelque chose est venu bouleverser tout cela.

Et vous vous retrouvez dans un entre-deux.

L’ancienne version de vous ne vous correspond plus complètement.

Mais la nouvelle n’est pas encore clairement définie.

C’est inconfortable.

Parfois même très inconfortable.

Mais cet entre-deux n’est pas forcément vide.

Il peut être un espace d’exploration.

Un endroit où l’on commence à se demander :

Qu’est-ce que j’ai réellement envie de garder ?

Qu’est-ce que je ne veux plus porter ?

Qu’est-ce qui est devenu essentiel ?

Qu’est-ce qui ne l’est plus ?

Et surtout… qui ai-je envie de devenir ?


Ne pas avancer ne veut pas toujours dire ne rien faire

Nous avons une vision très visible du progrès.

Faire.

Produire.

Travailler.

Sortir.

Créer.

Accomplir.

Cocher des cases.

Alors lorsque nous ralentissons, nous pouvons avoir l’impression de ne rien faire.

Pourtant, certaines transformations sont invisibles.

Apprendre à écouter son corps.

Identifier ses limites.

Changer une façon de fonctionner.

Faire le deuil d’une ancienne image de soi.

Comprendre ce que l’on ne veut plus.

Accepter de demander de l’aide lorsqu’elle est nécessaire.

Réapprendre à faire confiance à la vie.

Tout cela ne donne pas forcément de résultat immédiatement visible.

Mais cela peut être une véritable avancée.


Redescendre la pression ne signifie pas s’arrêter de vivre

C’est probablement la nuance qui me paraît la plus importante.

Ralentir n’est pas forcément renoncer.

Avoir moins d’énergie ne signifie pas ne plus avoir de projets.

Traverser une période difficile ne signifie pas que toute notre vie doit être mise entre parenthèses.

On peut avoir besoin de repos et avoir envie de vivre.

Avoir des jours difficiles et rire.ou

Être encore fragile et créer.

Être accompagné et accompagner à son tour.

Ne pas avoir toutes les réponses et continuer à avancer.

La vie n’est pas toujours aussi binaire.


Et si l’on arrêtait de se demander quand on ira « enfin mieux » ?

Cette question peut devenir une pression supplémentaire.

« Quand est-ce que je vais redevenir comme avant ? »

« Quand est-ce que je vais retrouver mon énergie ? »

« Quand est-ce que tout cela sera terminé ? »

Peut-être qu’une question différente serait plus intéressante :

« De quoi ai-je besoin aujourd’hui ? »

Aujourd’hui seulement.

Pas dans six mois.

Pas comme avant.

Pas comme les autres.

Aujourd’hui.

Cela peut être du repos.

Une promenade.

Une conversation.

Une décision.

Une limite à poser.

Un rendez-vous.

Une activité qui fait du bien.

Ou simplement le droit de ne pas savoir encore.


Et parfois, la clarté arrive avant la solution

Lorsque l’on traverse une période de changement, tout peut se mélanger.

Les émotions.

Les pensées.

Les envies.

Les peurs.

Les obligations.

Les attentes des autres.

Et parfois, on n’a pas besoin que quelqu’un décide à notre place.

On a besoin de voir plus clair.

De prendre un peu de recul.

De mettre des mots sur ce qui se passe.

De regarder une situation autrement.

C’est aussi ce que je propose avec mes séances Clarté & Solution chez O Pays d’Alice.

L’objectif n’est pas de vous dire comment vivre votre vie.

Il est de vous aider à éclaircir une situation, comprendre ce qui bloque et rechercher une piste concrète qui puisse vous permettre d’avancer.


Il n’y a peut-être pas de retard à rattraper

C’est une idée que j’aurais aimé entendre plus souvent :

Vous n’avez pas forcément du retard.

Vous êtes peut-être simplement sur un autre rythme.

Votre chemin a changé.

Vos besoins ont changé.

Votre énergie a changé.

Et vous êtes peut-être en train d’apprendre à construire votre vie avec ces nouvelles données.

Ce n’est pas forcément une marche arrière.

Ce n’est pas forcément une parenthèse.

Cela peut être une nouvelle étape.


Et si cette période avait aussi quelque chose à vous apprendre ?

Je ne pense pas que toutes les épreuves arrivent nécessairement « pour une raison ».

Je ne voudrais surtout pas dire à quelqu’un qui souffre que ce qui lui arrive était nécessaire ou qu’il devait vivre cela.

En revanche, je crois profondément que nous pouvons parfois transformer ce que nous traversons.

Nous pouvons en tirer une compréhension.

Changer certaines choses.

Grandir.

Mûrir.

Faire des choix différents.

Et parfois découvrir une version de nous que nous n’aurions jamais rencontrée autrement.

C’est peut-être cela qui me donne confiance.

Je ne sais pas exactement ce que l’avenir me réserve.

Mais j’ai foi en la vie.

Et j’ai foi en la capacité que nous avons, chacun à notre manière, de transformer notre chemin.


Peut-être que vous n’êtes pas en train de vous perdre

Peut-être êtes-vous simplement en train de faire connaissance avec la personne que vous devenez.

Alors, si aujourd’hui vous avez l’impression de ne pas avancer, essayez peut-être de changer légèrement la question.

Au lieu de :

« Pourquoi je n’arrive plus à être comme avant ? »

demandez-vous :

« Qu’est-ce qui est en train de changer en moi ? »

Et peut-être qu’un jour, en regardant en arrière, vous réaliserez que cette période pendant laquelle vous pensiez ne rien construire était justement celle pendant laquelle vous étiez en train de reconstruire l’essentiel.


Vous avez besoin d’y voir plus clair ?

Il arrive qu’une situation tourne en boucle dans notre tête sans que nous parvenions à comprendre ce qui nous bloque réellement.

Une séance Clarté & Solution peut offrir un espace pour prendre du recul, mettre de l’ordre dans ce qui se mélange et chercher une piste concrète pour avancer.

Sur rendez-vous, à distance ou selon les possibilités sur place.

→ Découvrir les séances Clarté & Solution

Pour aller plus loin:

Les ressources du National Cancer Institute confirment notamment que la fatigue peut persister après les traitements et que la période qui suit peut comporter une phase d’adaptation importante ; elles insistent aussi sur le fait qu’il n’existe pas un rythme de récupération identique pour tout le monde.


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